Du Moyen Âge À La Révolution

Vers le VIIe siècle, on voit apparaître la famille des Adhémar dans certaines sources. Une généalogie non fondée mentionne Lambert Adhémar de Monteil, né vers 685, duc de Gênes, baron et seigneur de Monteil. La généalogie des Adhémar n’est vraiment établie que depuis le XIIe siècle.
Les Adhémar possèdent la seigneurie de Monteil dès le XIe siècle. En 1070, Guillaume-Hugues Adhémar est seigneur de Montélimar (« seigneur de Monteil »). Il pourrait être le frère d’Adhémar de Monteil, évêque du Puy et légat apostolique pour la première croisade. Cette parenté est discutée. Au XIIe siècle, les Adhémar font construire leur château sur le promontoire de Narbonne à la place d’un château plus ancien. La famille dominera la région de Montélimar jusqu’au XIVe siècle.

La seigneurie :

Au point de vue féodal, Montélimar appartenait fort anciennement aux Adhémar (de Monteil).
1198 : les Adhémar donnent une charte de liberté municipale aux habitants.
1285 : la famille Adhémar hommage une partie de Montélimar aux évêques de Valence.

Antérieurement au XIVe siècle, il y avait au moins deux paroisses à Montélimar, dont une sous le vocable de Saint-Pierre.

Division du diocèse de Valence, l’archiprêtré de Montélimar comprenait toutes les paroisses de ce diocèse, situées entre la Drôme et le Roubion.

En fait d’établissements religieux, il y avait encore à Montélimar :

Un couvent de cordeliers, fondé vers 1226 par les Adhémar, dont la chapelle était sous le vocable de Sainte-Agnès et dont les religieux tiennent, à partir de 1674, un petit collège.
Un couvent de récollets, établi en 1616 sur les ruines d’une commanderie de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui fut unie à celle de Valence vers la fin du XVIe siècle et dont les bâtiments servent (en 1891) pour le collège.
Un couvent de capucins fondé vers la fin du XVIIe siècle et dont les bâtiments sont (en 1891) occupés par des visitandines.
Un couvent d’ursulines fondé en 1624.
Un couvent des visitandines, fondé en 1626 et occupé (en 1891) par des religieuses de Sainte-Marthe.

Les Adhémar se partagent la ville.
1339 : une partie est vendue aux comtes de Valentinois.
1340 : une autre partie est vendue aux papes.
1419 : les dauphins héritent des comtes de Valentinois.
1426 : Ils transfèrent à Montélimar l’atelier monétaire de Mirabel qui y fonctionnera jusqu’en 1477.
1447 : Ils acquièrent la partie pontificale et deviennent les seigneurs de toute la terre.
1498 : les rois de France intègrent Montélimar dans le duché de Valentinois érigé pour les Borgia.
1548 : le duché passe à Diane de Poitiers.
1642 : le duché est attribué aux princes de Monaco, derniers seigneurs.
Entre le XIe siècle et le XIVe siècle, les Adhémar vont acquérir, construire ou étendre, autour de leur fief principal, de nombreux châteaux : Grignan, Châteauneuf-du-Rhône, Rochemaure, La Garde-Adhémar), etc. À leur apogée, ils contrôleront une trentaine de seigneuries. Grignan, par exemple, entre dans leurs possessions à partir du XIIe siècle.

Au XIIe siècle, Montélimar fait partie du marquisat de Provence qui s’étend jusqu’au confluent de l’Isère et du Rhône.
En 1198, la seigneurie de Montélimar est partagée entre deux frères, Giraud et Lambert Adhémar.
Dès le milieu du XIIe siècle, la cité des Adhémar est désignée sous le nom de « Monteil des Aimar ».

Lorsque les comtes de Toulouse perdent leurs possessions de la rive gauche du Rhône à l’issue de la croisade dite “des Albigeois”, celles-ci passent aux papes d’Avignon et Montélimar restera sous leur suzeraineté jusqu’au XIVe siècle.

En 1312, les biens de la commanderie des templiers sont recueillis par l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

En 1365, la majeure partie de la ville (qui est une coseigneurie) est cédée par Giraud Adhémar au pape Urbain V. Celui-ci fait rénover le palais seigneurial et entretenir les remparts.
Les papes souhaitant étendre leur État (le Comtat Venaissin) vers le nord et l’unifier géographiquement, Clément VII échange Montélimar, en 1383, contre Grillon (voir Enclave des papes). Les papes conservent cependant certains droits féodaux sur la ville de Montélimar et son château.

En 1376, Grégoire XI ramène la papauté à Rome. Dès lors, pour les papes, les possessions avignonnaises et dauphinoises deviennent moins stratégiques. En 1447, le pape Nicolas V cède ses droits sur Montélimar au dauphin, futur Louis XI, fils de Charles VII qui devient alors le maître de la ville et de son château.

1471 (démographie) : 279 familles et 9 juifs.

Pendant les guerres de religion, en 1562, la ville est prise et pillée par le baron des Adrets, la garnison est exécutée afin de venger les massacres d’Orange. Les nobles s’enrichissent par le pillage et le peuple s’appauvrit. En réaction, les paysans commencent à s’assembler pour défendre leurs intérêts communs dès la fin de l’année 1577. Le 22 août 1578, les habitants de Montélimar refusent l’entrée à l’exacteur chargé de prélever la taille. Fin 1579, les paysans forment des armées qui expulsent les troupes de soudards de la vallée du Rhône, avant que la répression nobiliaire et royale n’écrase le mouvement dans le sang l’année suivante.

En 1587, la ville, défendue par les catholiques Laurent de Maugiron et François de La Baume, est assiégée par les troupes huguenotes du duc de Lesdiguières qui s’en rend maitre.
En 1599, la ville est presque entièrement protestante ; il ne reste plus que 10 % de catholiques.

Avec la Contre-Réforme, le nombre des catholiques repasse à 50 % en 1673, suite aux prédications et aux conversions imposées par les dragonnades.

1742 (démographie) : 680 familles, occupant 710 maisons.
1766 (démographie) : 5000 habitants.

Au XVIIIe siècle, les famines disparaissent mais les crises de subsistance provoquent régulièrement des disettes et des poussées de mortalité. Montélimar connaît ainsi des pics de mortalité en 1760, 1764, 1767, 1772, 1779, 1782 et 1786. Les trois principales sont celles de 1760 (plus de 250 morts pendant l’hiver), 1779 (près de 400 morts) et 1786 (près de 400 morts).

La population est majoritairement agricole : 41 % des habitants travaillent la terre ou sont bergers en 1796. Le secteur commercial et artisanal est important, avec 30 % de la population active. Enfin, la ville héberge des militaires.

Avant 1790, Montélimar était une des dix villes du Dauphiné, dont les consuls siégeaient à la tête des députés du troisième ordre, dans les États de cette province, le chef-lieu d’une élection et d’une subdélégation et le siège d’une sénéchaussée et d’un gouvernement de place :

L’élection de Montélimar, dont l’étendue était approximativement celle des trois arrondissements de Die, de Montélimar et de Nyons, comprenait 237 communautés, réparties entre quatre subdélégations : le Buis, Crest, Montélimar et Saint-Paul- Trois-Châteaux.
La subdélégation de Montélimar comprenait 46 communautés.

La sénéchaussée fut établie en 1447 : tribunal composé d’un président, d’un lieutenant particulier, de deux assesseurs, d’un avocat et d’un procureur du roi, elle connaissait en première instance de toutes les causes de Montélimar, de Saint-Marcel-de-Sauzet, de Sauzet et de Savasse, et sur appel de toutes celles de son ressort, comprenant 51 communautés, et en outre des matières bénéficiales dans les ressorts de Crest, de Die, de Valence et d’Orange.
Le gouvernement militaire de Montélimar comprenait un gouverneur, un lieutenant de roi et un major.

Montélimar était également une paroisse du diocèse, de Valence, dont l’église, sous le vocable de Sainte-Croix, était le siège d’un chapitre ou collégiale, qui, fondé en 1444 par le dauphin Louis (futur roi Louis XI), était composé d’un doyen, d’un sacristain faisant fonction de curé et de huit chanoines, qui avaient les deux tiers des dîmes de Montélimar, dont l’autre tiers appartenait à l’évêque diocésain.

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